Le stockage par batteries

Modules de batteries emballés dans des conteneurs d'expédition

Modules de batteries emballés dans des conteneurs d'expédition.

Une solution et des défis


À l’ère de l’électrification, le pari des énergies renouvelables prend forme. En témoignent deux événements historiques à l’échelle de l’Union Européenne : elles ont passé la barrière symbolique des 25% du mix énergétique en 2024 (Eurostat, 2026), et le solaire est devenu la source d’énergie dominante en juin 2025 (Eurostat, 2025). Dans la continuité de cette croissance, un nouveau besoin fait surface : réinventer la gestion de la production énergétique.

 

En effet, le renouvelable est un indispensable de la décarbonation depuis quelques années déjà. Mais sa place au sein du mix énergétique génère plusieurs défis. Par opposition aux énergies de stocks (énergies fossiles, biomasse, uranium, retenues hydrauliques etc.), les EnR produisent plus ou moins régulièrement en fonction des intempéries, créant des intermittences sur le réseau – leur valant le nom d’énergies de flux (ou variables). L’enjeu est par conséquent de faire correspondre au mieux la production avec la consommation, appelant à une réflexion sur le stockage d’énergie. Décryptage.

Principes et applications 

Les systèmes de stockage d’énergie par batterie - ou BESS (Battery Energy Storage Systems) - sont l’un des avancements technologiques les plus prometteurs pour le bon déroulement de la transition énergétique.

 

Longtemps cantonnés à des projets expérimentaux, les BESS sont devenus, en l'espace de quelques années, une réalité industrielle et commerciale. La baisse drastique des coûts observée ces dernières années (avec une chute de 40% en 2024, selon EMBER [1]), a rendu ces solutions économiquement viables à grande échelle, ouvrant la voie à un déploiement massif en Europe et en France. Grâce à des capacités de stockage électrique suffisantes, l’équilibre s’établit petit à petit entre les énergies de flux et les énergies de stock. Ainsi, l’optique d’augmenter davantage la part des renouvelables dans le mix énergétique face aux énergies fossiles devient encore plus pertinente. Et les développeurs d’énergies renouvelables en France le savent : le nombre de demandes de raccordement au réseau a été multiplié par deux depuis 2022, et plus de 7 GW de projets ont déjà réservé leurs droits d'accès (RTE, 2025).

 

Les applications sont multiples : stocker les énergies variables pour les utiliser à un moment opportun, ou encore renforcer la sécurité énergétique face aux imprévus. Des avantages qui ont aussi un but commercial grâce à la capacité à empiler plusieurs sources de revenus, comme revendre l’électricité stockée en période d’abondance (et donc de prix bas), en période de forte demande, à un coût plus élevé pour rehausser la rentabilité de la production. Il est donc clair que le développement des BESS représente une opportunité de taille pour accélérer la transition énergétique.

Des défis qui restent à relever

Pendant des années, la rentabilité des projets BESS se heurtait à un obstacle majeur : le coût des batteries. Ce verrou est en train de sauter. La promesse des BESS est donc réelle, mais elle ne va pas sans complexités. En effet, les avantages du stockage viennent avec des contreparties comme son coût et ses impacts environnementaux, notamment dus à l’extraction de métaux rares.

 

Un autre enjeu est à considérer : celui de la souveraineté. La fabrication des cellules de batteries repose sur des matières premières critiques comme le lithium, le cobalt, ou le nickel - dont l'extraction et la transformation sont aujourd'hui très largement concentrées hors d'Europe. Ce qui engendre un manque de maîtrise sur l'ensemble de la chaîne de valeur. D’après l’Écho du Solaire, plus de 90 % de la capacité de production de cellules européenne est aujourd'hui orientée vers les véhicules électriques, laissant le stockage stationnaire (utile au réseau) en position de dépendance vis-à-vis des fabricants asiatiques.

 

À cet effet des solutions sont en développement et en particulier sur la question du recyclage des batteries lithium dont la réutilisation directe est la solution la plus prometteuse. Elle consiste à réutiliser directement les composants actifs des batteries sans décomposition chimique, ce qui rejetterait moins de déchets difficiles à traiter que d’autres méthodes de recyclage qui cherchent à extraire les métaux rares (France renouvelables).


Le stockage par batterie n'est donc plus une technologie d'avenir : c'est d’ores et déjà un pilier de la transition énergétique. Les obstacles économiques qui freinaient son déploiement sont en train de tomber. Mais des défis demeurent : souveraineté industrielle, impacts environnementaux, et encadrement réglementaire. Pour les acteurs qui s'engagent dans la transition, la question n'est plus de savoir si les BESS méritent une place dans leur stratégie, mais comment les intégrer de manière responsable et durable.

Nos recommandations pour en savoir plus

Un avis d’experts : présenté par l’ADEME sur le stockage dans la transition énergétique.

☀️ Un article : publié par l’Écho du Solaire sur le bond des systèmes de stockage par batterie en Europe.

♻️ Un blog : tenu par France renouvelables sur les enjeux du recyclage des batteries.

[1] EMBER : Un groupe de réflexion mondial sur l'énergie qui accélère la transition vers les énergies propres grâce aux données et aux régulations.


Crédit photo : Wikipedia

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