Les enjeux des relations médias en 2026 – 1/2
Place à l’ère des relations médias
Digitalisation de la presse, développement des réseaux sociaux, arrivée de l’IA générative : depuis 20 ans, face aux nouvelles technologies et à la place grandissante des supports numériques dans notre quotidien, la circulation de l’information s’est transformée.
L’étude de l’ARCOM de janvier 2026 sur le rapport des Français à l’information révèle ainsi que, bien qu’ils restent majoritaires, les médias traditionnels ne sont plus la seule source d’information utilisée significativement. Ainsi, si 76 % d’entre eux disent s’informer au moins une fois par semaine avec la télévision et 60 % via les stations de radio ou podcasts, 53 % le font désormais via les réseaux sociaux, 38 % via les plateformes de vidéos en ligne et 20 % via les IA conversationnelles*. Cette diversification des canaux et des usages impose ainsi aux professionnels des relations presse (RP) de repenser leur approche pour toucher l’ensemble des relais médiatiques. Voilà désormais l’ère des relations médias.
Réseau sociaux, plateformes audio et vidéo : de nouveaux relais d’informations et de nouveaux médias à toucher
Les relations presse peuvent être définies comme l’ensemble des actions réalisées à destination de la presse et des journalistes afin d’obtenir une couverture médiatique positive pour une personnalité, une entreprise, ses produits ou ses services, sans contrepartie financière.
Mais à la place de ce terme, il est aujourd’hui de plus en plus courant de rencontrer celui de « relations médias ». Pourquoi ? Parce qu’en plus des médias traditionnels que sont la presse, la TV et la radio, on a vu ces dernières années l’émergence de nouveaux relais d’informations : créateurs de contenus, bloggeurs, médias hébergés uniquement sur les réseaux sociaux ou les plateformes audio/vidéo…
Parmi eux, on compte par exemple Hugo Travers, dont la trajectoire est emblématique. Dix ans après le lancement de sa chaîne HugoDécrypte sur YouTube, celle-ci cumule désormais plus de 20 millions d’abonnés sur l’ensemble de ses réseaux. Elle est à l’origine du podcast le plus écouté en France depuis 2024 (« Les actus des jours »), et a ses entrées à la TV et à la radio. Outre HugoDécrypte, on peut également citer dans ces nouveaux relais d’informations des personnalités comme Thomas Wagner (fondateur du blog Bon Pote), Jean-Marc Jancovici (ingénieur, conférencier et président du Shift Project), ou encore Caroline Mignaux (spécialiste du marketing, fondatrice du podcast Marketing Square).
En parallèle, face aux changements du paysage médiatique, la presse print et web, la radio et la TV ont élargi leurs canaux de diffusion. Loin de laisser les réseaux sociaux et les plateformes d’écoutes et de streaming aux influenceurs et nouvelles formes de médias, elles s’en sont emparé, se transformant alors en véritables plateformes multimédias à part entière. Les Échos et L’Usine Nouvelle ont ainsi par exemple développés des podcasts. Le groupe France TV s’est quant à lui lancé sur Twitch.
Aussi, cette recomposition du paysage médiatique apporte de nouvelles cibles aux professionnels des RP, tant au niveau des émetteurs, (créateurs de contenus, influenceurs…) qu’au niveau des formats (podcasts, live Twitch…). C’est pourquoi le terme de relations médias est aujourd’hui préféré à celui de relations presse, rendant mieux compte de la réalité du métier actuelle.
Multiplicité des médias : une opportunité pour une plus large visibilité
S’appuyer sur un spectre médiatique plus large permet aux professionnels des relations médias de toucher une nouvelle audience et ainsi favoriser une plus large visibilité de la personne, de l’entreprise ou du produit qu’ils souhaitent mettre en avant. Ces "nouveaux médias" que sont les influenceurs, podcasteurs, YouTubeurs, etc. attirent en effet des personnes qui ne consomment pas forcément les médias traditionnels. Il s’agit souvent d’un public plus jeune (adolescents, jeunes adultes) et/ou plus "spécialisé" lorsque la ligne éditoriale est très thématisée (ex : Mister Géopolitix sur la géopolitique, Olivier Dauvers sur le commerce et la consommation…).
En ciblant aussi les formats connexes des médias traditionnels (podcasts, émissions YouTube, newsletter…), le professionnel des RP augmente également les chances de reprise d’une actualité au sein de ce média. Pourquoi ? Parce qu’en fonction des supports, les lignes éditoriales ne seront pas forcément les mêmes. Prenons l’exemple de L’Usine Nouvelle : là où le magazine papier traite plutôt des sujets liés à l’actualité industrielle de façon généraliste, le média a deux podcasts, un sur l’histoire industrielle, l’autre consacré à des interviews de femmes dans l’industrie. Aussi, la nomination d’une nouvelle PDG au sein d’une entreprise industrielle intéressera peut-être plus L’Usine Nouvelle pour son podcast que pour son support print. D’où l’intérêt d’essayer de toucher les différents supports d’un même média et de rester en veille sur les différents formats proposés par une même entité.
« Face à la multiplicité des supports médiatiques, une démarche tournée seulement vers la presse traditionnelle ne suffit plus. La veille des réseaux sociaux et des plateformes de diffusion audio et vidéo fait ainsi désormais partie des bonnes pratiques à adopter en relations médias. C’est cela qui permet de rester au parfum des codes, des tendances et des évolutions techniques des plateformes. Et c’est également ce qui permet d’identifier les chaînes, les podcasts ou les comptes LinkedIn à avoir dans son viseur pour son secteur et ses sujets », conclut Gratiane Sametin Dirigeante-Fondatrice de Hodos.
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